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Paris Travel Guide
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Histoire

La fondation de la cité

Les origines profondes de la ville de Toulouse sont plutôt mal définies et font encore l'objet de recherches. Il apparaît cependant que la ville se soit bâtie autour de l'actuel Bazacle, du latin vada culum (qui se traverse à pied), point de passage à gué sur la Garonne encore visible de nos jours. Les recherches archéologiques prouvent une présence humaine environ 2500 ans avant notre ère, vivant principalement de l'agriculture et de la pêche.

Les historiens grecs et romains mentionnent pour la première fois Toulouse en évoquant la période de la conquête romaine, soit de 118 à 106 avant JC. La ville est alors la capitale des Tectosages (environ 200 av. JC), peuple alémanique qui fit de la ville sa "capitale".
La Garonne et les terres alluviales la bordant constituent en effet un espace agricole riche qui indéniablement  favorise l'implantation d'une civilisation à cet endroit. De même, la présence d'argiles et l'absence de pierres donnent déjà à la future métropole son aspect contemporain, à savoir le quasi monopole des constructions en briques issues des carrières d'argile.

L'expansion romaine le long de l' isthme gaulois allant de Narbo martius (Narbonne) à Bordeaux fait de Tolosa (le nom romain de la ville) un point de passage stratégique: on peut y traverser la Garonne à gué et la cité se trouve entre les deux extrémités de  la principale voie d'acheminement du vin italien. 

Tolosa est donc non pas une grande cité romaine mais une paisible ville  placée sous l'autorité du consul de Narbo martius. Elle s'en accommode plutôt bien et les restes d'amphores témoignent de l'importance des échanges transitant par la ville, ce qui lui confère une importance économique plus que militaire.

L'or de Toulouse

Les Tectosages avaient amassé un considérable trésor d'or. Confisqué au nom de Rome par le Consul Caepio en 106 av. JC, ce trésor devait être acheminé vers Rome mais Caepio subit une défaite à Orange, en 105 av. JC.
L'or disparut alors, alimentant une légende tenace tant sur ses origines que sa destination finale. Volé à Delphes par les troupes gauloises de Brennus, il portait malheur à qui le touchait. Ainsi s'expliquait la peste ayant décimé les Tectosages à Toulouse, mais aussi la déchéance du consul Caepio battu à Orange. Au IIème Siècle de notre ère, la légende à donné un célèbre proverbe: "bien mal acquis ne profite jamais"!

L a seconde moitié du IIIème Siècle est pour la ville une période trouble et agitée. Outre le martyre de Saint Saturnin, premier évêque chrétien, Toulouse doit subir indirectement les invasions franques vers 260.
Bien qu'indemne, la population se sent menacée, notamment sur la partie bordant la Garonne.
D'où la construction hâtive d'un rempart le long de la rivière, constituée d'éléments empruntés aux monuments de la période romaine.

L e IV ème siècle paraît bien plus calme. Ainsi le poète Ausone, toulousain célèbre, dédiera ce vers connu à sa ville natale: "Jamais je ne t'oublierai, Toulouse, ma nourrice".

La chrétienté

O n ne sait que peu de choses sur la communauté chrétienne jusqu'en 350, si ce n'est qu'elle est bien implantée dans la ville. On y vénère Saint Saturnin, dont l'évêque Hilaire a fait retrouver la tombe et sur laquelle est érigée un petit oratoire. Vers 402-403, les reliques sont déplacées 300 mètres au nord de l'emplacement primitif, sur le site de l'actuelle basilique Saint Sernin.

C'est aussi une ère de sauvegarde de l'orthodoxie chrétienne. En 356, l'évêque Rodhanius combat l'arianisme des empereurs constantins. Il est exilé et le clergé toulousain est persécuté. En 360, l'arrivée de Julien à la tête du clergé toulousain rétablit l'orthodoxie et ramène la paix à la communauté chrétienne de la ville.

Or, c'est au début du V ème siècle que le combat pour l'orthodoxie fut le plus rude. Vigilance, prêtre commingeois, préconisait le renoncement à l'ascèse, au célibat des clercs et à la chasteté.
La population chrétienne de la ville semblait intéressée par les prêches de Vigilance mais une missive de Saint Jérôme nommée le Contre Vigilance ramenait le calme et réaffirmait, pour les chrétiens, la prééminence de la foi guidée par Saint Saturnin.

La capitale Gothique

L es Vandales buttent en 406 sur les remparts de la ville, qui résiste malgré un siège affamant la population. Vers 410-412, Athaulf, roi des Wisigoths prend Toulouse sans résistance. Néanmoins, ceux-ci continuent tout d'abord vers l'Espagne.

Ce n'est qu'en 418 que les Wisigoths, suite à une décision étonnante de Constance, gouverneur de l'empereur Honorius, se voient attribuer en tant qu'alliés théoriques de l'empire, une région allant de Toulouse à l'Atlantique. En 469, Euric dénonce le traité d'allégeance à Rome et proclame ainsi l'indépendance effective de la région.

Les Wisigoths installent dès 418 leur cour à Toulouse, dans l'enceinte romaine.
La cohabitation est pénible pour les Gallo-romains, car les Wisigoths conservent l'arianisme et interdisent les mariages mixtes. Il n'y eut toutefois qu'une courte période de persécutions envers les chrétiens sous Euric (466-484).

La conquête franque

E n 507, Clovis attaque le royaume wisigothique, en parant cette guerre d'une croisade contre l'arianisme.
En 508, il reprend Toulouse. La ville perd alors son statut de capitale pour être reléguée au rang de simple cité, patrimoine du souverain franc. Les wisigoths conservent la bordure méditerranéenne et même l'albigeois.

Cependant Toulouse est loin des centres de décisions des Mérovingiens. Ces derniers se contentent de lever l'impôt mais ne considèrent plus la ville que comme la dernière place d'arme avant la frontière du royaume wisigothique.

Les batailles de Toulouse

D urant les VIème et VIIème siècles, Toulouse passe tour à tour du statut de capitale d'un royaume théorique au statut de capitale de duché. Or, la ville reste dans le giron de la domination mérovingienne. Le duché va servir de premier rempart contre l'invasion arabe.

En 719 les Arabes s'emparent de Narbonne et lorgnent sur l'ouest du royaume mérovingien. En 721, El-Samah ne pensant trouver qu'une faible résistance veut prendre la ville.
Il y bute sur les remparts et sur la résistance de la population toulousaine. Les Arabes sont battus le 9 juin 721 devant Toulouse. Pour les historiens arabes, cette déroute est beaucoup plus importante et lourde de conséquences que la défaite de Poitiers (732).

La ville prend alors un rôle accru dans la défense du royaume mérovingien puis du royaume carolingien contre la menace arabe. Charlemagne fait de Toulouse le siège d'un comté qui perdurera jusqu'au XIIIème siècle. Mais la ville entre, suite au décès de Charlemagne et aux affres de sa succession, dans une longue période sombre faite de rivalités incessantes et de retournements d'alliances.

La réforme clunisienne

A ux Xème et XIème siècles, l'Église traverse une grande période de troubles à laquelle n'échappe pas le clergé toulousain. Corruption des évêques, abandon et dégradation des lieux de cultes.
Le trésor de la cathédrale Saint Étienne est pillé, l'église Saint Sernin est incendiée. C'est par le biais de la conversion de l'abbaye de Moissac aux préceptes clunisiens en 1053 que la réforme pénètre l'esprit du clergé toulousain.

De plus Grégoire VII, élu Pape en 1073, prône une réforme réalisée sous son égide.
A Toulouse, la réforme ne va pas sans quelques heurts, notamment en ce qui concerne la nomination et la vocation des moines de Saint Sernin. Il reste que cette réforme définitivement adoptée à la fin du XIème siècle tout en réveillant la foi chrétienne consacre, à Toulouse, la séparation définitive entre le clergé et le pouvoir politique, chacun se limitant à son domaine.

Le Haut moyen âge

I l s'agit à proprement parler du "réveil" de la ville, à opposer aux temps obscurs précédemment évoqués. Le nombre d'habitants augmente et les paroisses se multiplient. Ainsi on passe de trois paroisses au Xème siècle à sept à la fin du XIIème siècle, témoignage de la croissance démographique. La ville s'étend alors au-delà de l'enceinte romaine.

Les faubourgs Saint Michel puis Saint Cyprien apparaissent; on construit deux ponts, le pont Vieux à la pointe de l'île en 1152 et le pont Neuf ou de la Daurade en 1181. La principale extension urbaine se fait au nord, autour de Saint Sernin plus particulièrement.

Les rues de la ville prennent le nom des corporations d'artisans qui y résident : rue des Changes, rue des Couteliers, rue Temponières (des fabricants de chaussures), des Paradoux (ouvriers fabricant le feutre des draps), des Filatiers...

Une halte sur le chemin de Compostelle

T oulouse est connue dans toute la chrétienté en tant que centre religieux de très grande importance. Ceci est plus particulièrement dû à ses nombreux sanctuaires: La Daurade et surtout l'abbaye de Saint Sernin.

Cette dernière possède un patrimoine important fait de richesses numéraires mais aussi de bien immobiliers et de terres, tant dans la ville que dans toute la région qui en font la principale puissance financière de la ville. Le trésor de l'abbaye, constitué de reliques, en fait un point de passage obligé sur la route de Compostelle.

Les pèlerins allant vénérer les reliques de Saint Jacques le Majeur affluent donc à Toulouse et y trouvent un refuge très apprécié. L'Hôpital Saint Raymond (en face de l'abbaye) offre ainsi un point de repos précieux pour les pèlerins malades ou fatigués.
De cet afflux de pèlerins, les commerçants toulousains tirent profit, comme le montre le grand nombre d'auberges et de tavernes que compte la ville à cette période.

La splendeur romane

C'est au cours des XIème et XIIème siècles que la ville prend sa dominante romane.
La reconstruction de la cathédrale Saint Étienne sur les restes de la première église (1078) ainsi que la reconstruction de Saint Pierre des Cuisines puis l'édification de Saint Sernin (1080), éléments auxquels s'ajoutent la construction du cloître de la Daurade font de la ville le principal centre d'un art raffiné d'une grande élégance qui lui donnera à jamais ce caractère si particulier.

On distingue parmi les bâtisseurs romans deux principaux maîtres sculpteurs qui lui ont donné ses lettres de noblesses: Bernard Gilduin et Gilabertus.

La "république municipale"

L a municipalité toulousaine, au même titre que de nombreuses autres cités en Occident, va petit à petit s'affranchir et jouir de privilèges importants. Depuis la réforme grégorienne, l'évêque n'a plus de pouvoir temporel et le Roi est trop éloigné pour imposer une quelconque domination politique sur la ville. C'est donc un système subtil d'alliance entre les consuls de la ville et le Comte qui s'établit. Ainsi le Comte Alphonse Jourdain octroie le privilège du commerce du vin et du sel aux seuls commerçants toulousains, les étrangers à la ville devant s'acquitter d'une taxe. La municipalité en tant que telle apparaît en 1152; le conseil commun de la cité est constitué de six capitulaires (futurs capitouls), quatre juges et deux avocats.

Ce conseil "légifère" sur les punitions des crimes et délits, le commerce... en 1176, le conseil commun s'élargit avec la participation des capitulaires issus des faubourgs de la ville.
Si à l'origine les décisions sont prises avec l'assentiment du Comte, il n'est plus mentionné dans les actes officiels aux environs de 1180.
Malgré diverses tentatives du Comte pour se réapproprier un pouvoir politique sur la municipalité, le chapître (tel est le nom du conseil "municipal" depuis 1180) ne cesse d'augmenter ses prérogatives.

En 1211 apparaît le premier sceau officiel de la ville. Cependant, les divisions toulousaines nées de la croisade des Albigeois font que Raymond VII est obligé de se soumettre au nouveau Roi, le futur Saint-Louis le 12 avril 1229. Il en résulte l'abandon de la particularité municipale toulousaine et le retour définitif dans le giron du Roi de France.

Saint Dominique et l'Inquisition

Dominique de Guzman, ( ) fonde à Toulouse l'un des lieux de conversions des hérétiques. Il prêche dans la ville en 1210-1211 puis en 1215. Deux bourgeois fortunés adoptent ses principes, ce qui permet la fondation d'un Ordre.
Les premiers Dominicains s'installent dans une petite maison, située à l'actuel n°7 de la rue de l'Inquisition. Le nombre de frères prêcheurs croissant, l'Ordre emménage dans l'actuel cloître des Jacobins.

Le Pape Honorius III étend alors la vocation de l'Ordre non plus au seul diocèse de Toulouse mais à l'ensemble de la Chrétienté. Le traité de Paris du 12 avril 1229 obligeait Raymond VII à entretenir quatre maîtres en théologie, deux en droit canon et deux en grammaire. L'université toulousaine était née, faisant de la ville un des plus importants centre doctrinaire de la Chrétienté; en 1233 la Pape Grégoire IX installe d'ailleurs l'Université toulousaine à égalité avec celle de Paris. C'est dans cette ambiance d'enseignement orthodoxe et de lutte contre les hérésies que se développe l'Inquisition.

Les tribunaux extraordinaires sont confiés à l'Ordre de Dominique. L'évêque Foulques conduit nombre de redoutables interrogatoires, qui amènent à la condamnation des toulousains convertis au catharisme. Les condamnations sont graduelles: port obligatoire d'une croix sur les vêtements, excommunication, confiscation des biens, emprisonnement.

La plus importante est le bûcher. Une grande partie de la noblesse et de la bourgeoisie toulousaine est convertie au Catharisme, ce qui explique la tentative des Consuls d'exclure de la ville l'Ordre des frères prêcheurs (1235). Cependant, l'Inquisition est si forte que la noblesse ne soutient plus l'hérésie cathare.

Les tribunaux se concentrent alors à débusquer les derniers convertis, la plupart du temps des petites gens dont l'action est le plus souvent clandestine. Ainsi, les documents datent de 1275-1276 les derniers tribunaux de l'Inquisition à Toulouse. Une lettre du Roi Philippe III datant de 1279 amnistie 276 Toulousains encore poursuivis.

L'affaire Aimeri Bérenger

Cette affaire, au delà de l'anecdote, est révélatrice de la place tenue par l'Université dans l'esprit des Toulousains à compter du XIIème siècle. En 1322, une fête d'étudiants est organisée à l'Hôtel des frères de Penne, étudiants en droit de leur état. Enivrés, les fêtards sont bruyants. Le Capitoul François de Gaure veut faire cesser cette agitation et le clame au pied des fenêtres de l'hôtel. Aimeri Bérenger, l'un des convives se dirige alors vers le Capitoul et le poignarde, sans pour autant le tuer.

Le lendemain, les Capitouls font arrêter Aimeri Béranger. La Cour commune le condamne à mort. Il est exécuté dans la ville. Cependant, les étudiants et l'Université plus largement relevaient alors de la compétence exclusive de l'évêché. Suite à une plainte des étudiants, l'administration royale se saisit de l'affaire.

Le parlement de Paris condamne les Capitouls pour abus d'autorité; l'organisation municipale est profondément modifiée, notamment en ce qui concerne la répartition des Capitouls entre la ville et le bourg. Plus généralement, cette affaire a servi de prétexte à l'administration royale pour reprendre la mainmise sur la municipalité toulousaine.

Le déclin: peste noire, disettes et incendies

E n plus des disettes successives de 1134,1344, 1346, la ville doit faire face à l'épidémie de peste à partir d'avril-mai 1348. La ville est totalement ébranlée: le nombre de décès est considérable bien que non précisément quantifiable. Il faut par exemple remplacer des Capitouls par de très jeunes hommes inexpérimentés.

L'épidémie dure un an ; après trois siècles de croissance démographique ininterrompue, la population toulousaine diminue considérablement, laissant des plaies importantes qui seront autant de handicaps pour le développement futur de la cité. La guerre de Cent-Ans ravage les campagnes toulousaines et les récoltes de blé sont médiocres.

Suit alors une nouvelle période de famines beaucoup plus rudes que celles de la première moitié du siècle. La ville est vidée de la majorité de ses habitants, des quartiers entiers sont laissés à l'abandon, l'enceinte est partiellement détruite.

De plus, en 1408, en 1440 puis encore en 1463 un incendie ravage le coeur de la ville dont il ne subsiste plus rien. Il n'y a de nos jours plus aucun vestige des immeubles datant d'avant le XVème siècle.

O n évalue la population toulousaine à seulement 20.000 âmes environ au début du XVème siècle, soit un chiffre inférieur à celui de la période romaine. C'est donc une ère contrastée pour Toulouse, faite de croissances et d'espérances jusqu'au XIème siècle à laquelle suit une constante récession économique et démographique.

L'âge d'or

Pierre Ier Lancefoc, capitoul vers 1480, saisit le premier toutes les opportunités commerciales du pastel. Le pastel, c'est cette plante qui permet d'obtenir des bleus indélébiles.

A l'origine, les Lancefoc ne sont que de modestes changeurs d'argent. Pierre II, fils du premier nommé, va devenir le grand commerçant du pastel en Europe. Son fils Pierre III va définitivement asseoir la fortune familiale, ouvrant en plus des comptoirs de Bordeaux, des comptoirs à Rouen ou à Burgos (Espagne).

Les Lancefoc , avec les Assézat et les Bernuy sont donc directement à l'origine de la prospérité toulousaine du XVIème siècle. Il y a au total environ 20 familles qui dominent le commerce et la production du pastel à Toulouse. La richesse produite est considérable, la ville se dote d'une Bourse des Marchands en 1549 (privilège réservé alors aux grandes cités marchandes, Londres, Paris, Lyon, Turin, Florence..). C'est toute la région qui profite du "filon" du pastel. Producteurs et marchands en premier lieu, mais aussi tisserands, meuniers, teinturiers, transporteurs....

Cette croissance économique induit une poussée démographique. On vient de toute l'Occitanie et même parfois de plus loin s'installer à Toulouse. Il y a une véritable crise du logement, la ville est saturée au point que sous la pression démographique, les infrastructures urbaines (voirie, égout, eau...) ne sont plus entretenues faute de temps !
La multiplication de la construction hâtive de bâtisses en bois dans les murs de la ville accroît le risque d'incendies (n'oublions pas les ravages causés par le grand incendie de 1463).

En 1555, la municipalité prend alors un arrêté qui va profondément influencer le visage contemporain de Toulouse. A compter de cette date, toutes les constructions devront être faites de briques ou de pierres.

De nouvelles extensions de la ville apparaissent: Faubourgs de Saint-Michel et de Saint-Aubin; quartier Arnaud-Bernard vers le Nord au delà de la Basilique Saint-Sernin. Les capacités hôtelières de la ville se développent aussi ; on estime généralement qu'au milieu du XVIème Siècle, Toulouse peut accueillir dans ses hôtels et auberges plus de 1200 voyageurs par jour !

Durant environ 100 ans, Toulouse prospère donc mais les difficultés inhérentes au commerce du pastel (variation du cours, énormes besoins en capitaux) en font une activité lucrative mais risquée.

Le troisième tiers du XVIéme siècle marque le déclin de ce commerce, non seulement avec l'arrivée de l'indigo en provenance des Indes (qui présente une meilleure qualité de bleu), mais aussi et surtout avec les menaces de guerres qui jalonnent cette période.

Citons ici entre-autres la déroute de Pavie (en Italie)) en 1524, ou encore l'invasion par Charles-Quint de la Provence en 1536, qui fit défiler son armée de 30.000 hommes au pré des Sept-Deniers (aux portes de Toulouse).

Les guerres de religion

Les querelles entre catholiques et protestants ouvrent une nouvelle ère de crise pour la ville. Les réformes luthérienne puis surtout calviniste trouvent un écho parmi la population toulousaine. En 1558 est fondé le premier temple protestant et ceux-ci célèbrent leur culte au grand jour, sans tenir compte des interdictions royales de Henri II.

Les heurts entre les deux communautés se multiplient: bagarres et rixes sont quotidiennes dans la ville. Ce sont alors trente-six années de guerre civile qui commencent, marquées en premier lieu par les événements de 1572, lors du trop fameux massacre de la Saint Barthélémy (24 août).

Il faut cependant noter ici que le massacre s'il est réel, est beaucoup moins violent tant au niveau symbolique que pratique que ceux perpétrés dans les pays du Nord. A Toulouse, l'accent a été mis sur l'exécution des capitouls protestants, mais les autres morts n'ont pas eu à subir les mêmes rituels expiatifs (défaut d'inhumation, corps jetés dans les rivières) qu'ailleurs. On peut ici parler de violence traditionnelle !

Bastion catholique, la ville adhère immédiatement à la Sainte Ligue en 1585 suite à l'avènement du huguenot Henri roi de Navarre; le parlement refuse même d'enregistrer son avènement sur le trône de France. Son assassin, le jacobin Jacques Clément, est vénéré dans la ville et est considéré comme un saint ! Henri IV arrive sur le trône et seule sa conversion au catholicisme va amenuiser les ardeurs des ligueurs.

Le calme ne revient totalement à Toulouse qu'au début du XVIIème siècle. Portée à la pointe de la piété catholique et du combat politique, Toulouse ne prend cependant pas part à la Fronde et la ville vit à l'heure de la contre-réforme et se soumet donc totalement à l'autorité royale.

La ville de province

Les capitouls perdent petit-à-petit le peu de pouvoir qui leur restait et le grand personnage de la ville devient l'Intendant du Roi; seules quelques charges honorifiques sont savamment distillées par le Roi pour des raisons purement financières.

On peut véritablement parler ici de déclin: déclins politique, institutionnel, économique mais aussi démographique. La population stagne légèrement au-dessus des 43000 âmes. Viennent s'ajouter à ces déclins les fléaux traditionnels de l'Ancien Régime: disettes (1664, 1674, 1690-1715), mais aussi pestes.

On signalera ici les grandes épidémies de 1628-1631 et de 1652-1653. Sans pour autant devenir une ville morte, la ville se replie sur elle-même et interdit l'entrée des étrangers. Il s'agit là incontestablement d'événements dont la ville mettra longtemps à se remettre tant au plan du développement économique que de la croissance démographique. De même l'activité intellectuelle, dont la renommée a jalonné l'histoire de Toulouse au travers des siècles précédents, sans pour autant tomber en désuétude, suit elle-même cette inexorable tendance vers le déclin.

Le XVIIIème Siècle

On ne peut noter ici de grands changements ; l'économie toulousaine ne décolle toujours pas et reste en marge de l'embryon de révolution industrielle que l'on connaît en France à compter de 1770.
La population stagne pour n'atteindre que 52 863 personnes en 1790, soit à peine 10000 habitants supplémentaires sur un siècle !

Il n'y a en fait aucune évolution politique ou sociale particulière pour Toulouse, par rapport à celles que connaît la France dans son ensemble. Définitivement, on peut dire que Toulouse a perdu en ce XVIIIème siècle de son rayonnement et de son importance intellectuelle, politique et culturelle.

La ville fait partie intégrante du royaume de France, sans y avoir une grande importance. Toulouse et le Midi Toulousain n'ont donc aucune revendication particulière par rapport aux événements futurs.

Avec ses 53 000 habitants, Toulouse est la principale ville entre Marseille (100 000 habitants) et Bordeaux (110 000 habitants). La ville est alors communément caractérisée par les trois S: Toulouse la Sainte, la Sage et la Sale.

Les trois S

La Sainte: Toulouse est le siège de l'archevêché et on dénombre intra muros quatrevingt-dix églises ou chapelles et quarante-trois couvents.

Au total, cela représente environ deux cents prêtres, quatre cents religieux et six-cents religieuses.
La population est profondément ancrée dans le catholicisme et il est à noter que l'on commémore toujours dans la ville le massacre et l'expulsion des protestants de Toulouse, le 17 mai 1562. 

La Sage: Ceci fait directement référence à l'ancienneté de l'Université. Prestigieuse et reconnue pour les enseignements en Droits, il n'en est pas de même alors pour ce qui concerne la médecine les arts et la théologie.

Il faut ajouter à ce chapitre l'existence des trois Académies royales (phénomène unique pour une ville de province); Académie des Jeux Floraux (1323), Académie royale des Sciences, Inscriptions et Belles Lettres (1694) et enfin Académie royale de Peinture, Architecture et Sculpture (1750).

La Sale enfin, car la ville aux rues étroites et malpropres était dépourvue d'égouts. 
Chacun élevait dans sa propre maison volailles et cochons, et on retrouve de nombreux témoignages attestant du fait que ces animaux allaient et venaient dans les rues. La ville était donc peu salubre et cette caractéristique était bien connue dans le royaume.

Le Parlement

A partir de 1762, le Parlement de la Ville s'élève systématiquement contre toutes mesures visant l'amélioration des finances royales. En 1763 la mise en place de l'impôt du vingtième sur les revenus n'est obtenue que par l'occupation du Parlement par les troupes militaires du Languedoc, mais ceci est immédiatement remis en cause par un édit interdisant la levée de cette même taxe, malgré les diverses tentatives royales pour briser le pouvoir du parlement, celui-ci reste très populaire et apparaît en 1789 comme un contre pouvoir d'autant plus puissant que les magistrats sont pénétrés des idées philosophiques des "Lumières".

Toulouse doit élire seize députés dont huit pour le seul Tiers-Etat. La synthèse des cahiers de doléances du Tiers toulousain, réalisée par des bourgeois éclairés, fait apparaître notamment la notion de liberté de la presse, mais aussi après nombre de considérations économiques, la conservation du Parlement de Toulouse.
Il est notable que le cahier reste muet sur la seigneurie et sur ses privilèges, sujet n'intéressant que peu les populations urbaines.

La convocation des États généraux

Les événements parisiens de juin-juillet 1789 sont connus à Toulouse grâce à deux journaux toulousains: les Affiches (créé en 1759) et le nouveau Journal de T oulouse. Il convient d'ajouter à ceux-ci le Bulletin des États Généraux de Mirabeau, que l'on peut se procurer aisément dans la ville. A compter du 20 juillet, les nouvelles de l'insurrection de Paris se répandent dans le Midi Toulousain mais ce n'est que le 27 juillet que l'insurrection gagne Toulouse proprement dite. Un groupe de pauvres et de mendiants s'est constitué et armé dans les faubourgs de Saint Cyprien, quartier le plus pauvre de la ville, pour aller prendre le couvent des Grands Augustins, où le blé était stocké. Ainsi, comme à Paris, la  contestation politique est couplée à la contestation économique. 

La mise en place de la municipalité et la fin des structures d'Ancien Régime

La Grande Peur touche la ville le 1er août. On sait que cet événement est la cause de la constitution de milices patriotiques armées, bientôt appelées garde nationale. De même, dans les villes, la grande peur est à l'origine de la constitution des municipalités.

A Toulouse, les Capitouls du parlement sont restés en place mais ont dû, très rapidement, ouvrir le nouveau "Conseil de Ville" à des petits bourgeois, commerçants ou encore à des artisans. Ainsi, on a pu dénombrer lors de certains conseils plus de 200 membres. En font partie notamment l'abbé Barthe et les avocats Rouzet et Romiguières.

Il est à noter que Toulouse fait figure d'exception puisqu'au contraire de la très large majorité des villes de France, elle a conservé une composante ouvertement monarchiste au sein du conseil de ville. Cependant, le maintien du parlement de la ville n'est que temporaire puisque celui-ci est définitivement supprimé en décembre 1789, et ce sans contestation de la population. 

Le premier maire élu de Toulouse est Rigaud, professeur à la faculté de droit. Le 28 février 1790, la nouvelle municipalité est solennellement installée au Capitole est est composée de cinquante quatre membres.

Le marasme

Toulouse au XX ème siècle est une petite ville, faiblement peuplée et pauvre de surcroît.

C'est le marasme économique qui prédomine en ce début de siècle. La population a peu augmenté par rapport au début du siècle précédent, le taux de mortalité reste très important.

Certes les épidémies de choléra de 1836, 1854 et 1884 en sont une des principales causes, cependant la population n'augmentera que de soixante cinq mille âmes en un siècle. Durant cette période Toulouse souffre d'un taux de natalité inférieur à la moyenne nationale ainsi qu'un taux de mortalité supérieur à celle-ci.

Seule une faible augmentation de la population est à noter mais elle est principalement due à l'immigration provenant des campagnes alentour ainsi que de pays comme l'Espagne.

Outre cette faiblesse démographique, la pauvreté est aussi un soucis au début du siècle.
Les richesses restent entre les mains de quelques uns, en majorité d'anciennes familles nobiliaires. Toulouse, à l'inverse des cités telles Lyon ou Marseille, reste petite, un véritable petit village.

Aujourd'hui, on perçoit encore cette particularité puisque si Toulouse est la quatrième ville de France de par l'importance de sa population, il n'en reste pas moins que l'organisation en arrondissements comme il en existe dans toutes les grandes villes de France n'a jamais été évoquée ici.

Le marasme démographique est accompagné d'un marasme économique. Le XIXème siècle voit le nombre des industries toulousaines péricliter, comme ce fut le cas pour les textiles ou la métallurgie. Les grandes industries laissent place à l'artisanat et quelques petites manufactures.

Seules les usines nationales telles que la Manufacture des Tabacs et l'Arsenal permettront une certaine stabilité. L'économie florissante et la richesse de la cité qui ont fait sa gloire ne sont plus qu'un souvenir d'un autre temps. Néanmoins, le XXème siècle va peu à peu apporter à Toulouse un renouveau.

Le Renouveau: 1914

C'est la première guerre mondiale qui va relancer l'économie toulousaine. Les usines locales se développent grâce à l'effort de guerre, car Toulouse produit des uniformes, des chaussures ainsi que des explosifs pour l'armée. Des milliers d'ouvriers sont engagés.

En 1917 c'est l'aéronautique qui prend place à Toulouse, à Montaudran plus exactement avec Latécoère. Cet essor multiplie par trois le nombre d'ouvriers pendant la guerre.
Les femmes toulousaines ont été ici d'une grande importance. La pénurie de main d'oeuvre entraîna un large recrutement de femmes dans toutes les entreprises telles que les banques, les usines, et mêmes au sein des entreprises de transport puisque Toulouse découvrira des femmes conductrices de tramway.

L'entre deux guerres

L'économie de guerre est terminée, il faut bien lui trouver des substituts. L'État joue ici un grand rôle car il crée l'O.N.I.A. ( l'office national industriel de l'azote ) qui reprend alors les bâtiments des industries de fabrication de poudre. L'industrie aéronautique s'adapte également à cette nouvelle ère de paix pour se lancer dans la fabrication d'avions civils et effectuer des transports de courriers. En 1927 la ligne Toulouse-Rabat-Dakar-Natal-Rio-Buenos Aires est née. Ces pilotes ont aujourd'hui laissé leur emprunte dans l'histoire notamment Saint-Exupéry, Mermoz, Daurat et Guillaumet.

La crise de 1929, et plutôt 1931 en France se fit également ressentir à Toulouse qui voit alors les grèves et les faillites se répandre. Si les entreprises de l'aéronautique périclitent, les industries d'État maintiennent quant à elles leurs effectifs.

L'État s'engagera de nouveau à Toulouse en reprenant les anciennes usines aéronautiques pour créer en 1939 la Société nationale des constructions aéronautiques du Midi (SNCAM). En 1940, ces industries deviennent le premier employeur de la ville.

Les prémices de la future guerre mondiale apparaissent avec l'Allemagne, mais les observateurs toulousains s'intéressent plus particulièrement aux troubles existant en Espagne et la guerre civile qui en découle.

1939 verra Toulouse se transformer en ville d'accueil pour les réfugiés espagnols fuyant leur pays suite à la prise de pouvoir de Franco sur la majorité du territoire.

Ce sont cent mille réfugiés que Toulouse accueille, beaucoup d'entre eux se fixèrent sur la ville et dans sa région.

La deuxième guerre mondiale

Les Toulousains furent surpris par la déclaration de guerre, plus intéressés par la guerre d'Espagne. Ils le furent encore plus le 10 mai 1940, ainsi confrontés aux dures réalités de la guerre. Assaillie de réfugiés, de réservistes, la question du logement devient essentielle, puisque la ville a déjà accueillie les réfugiés espagnols. La population de Toulouse ne sera jamais informée de l'évolution de la guerre et sera mise devant le fait accompli en apprenant l'évacuation du gouvernement français sur Vichy. Toulouse doit alors faire face à un afflux de population sans précédent.

Bien que la résistance s'organise sur Toulouse le lendemain de la publication de l'appel à la résistance du 18 Juin par le général De Gaulle, la majorité de la population se rallia au Maréchal Pétain du fait du désordre engendré par l'énorme masse des réfugiés présents en ville et de l'annonce du bombardement anglais sur Mers-el-Kébir détruisant l'escadre française présente sur les lieux, faisant plus de 1300 morts.

Le maire Ellen Prévot prête alors son soutien au Maréchal. Seuls les députés socialistes de Toulouse votent contre la reconnaissance des pleins pouvoirs alloués à Pétain.

Sous le gouvernement de Vichy, Toulouse est une ville ambivalente. D'un coté le gouvernement peut agir sans véritable opposition assisté en cela par la presse locale, de l'autre la ville accueille les réfugiés politiques ainsi que de nombreux juifs et la résistance organise leur passage vers l'Angleterre.

 
 
 
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